Sa voix chaleureuse et bienvaillante accompagne quotidiennement les auditeurs de France Bleu Occitanie. Il incarne l’épicurisme, la jovialité et la convivalité si chère à notre Sud-Ouest. Matinalier dans l’âme, il présente aujourd’hui l’émission «Circuit bleu» de 9h à 11h avec la pétillante Laure Basterreix. Entretien avec la voix de la région Occitanie, Alban Forlot

QUI EST ALBAN FORLOT?

Je suis quelqu’un de curieux. Un peu touche-à-tout car j’aime chanter, j’ai écrit un roman (Onde de chocs), je suis parfois coach pour France Bleu / France 3 et prof pour l’école de radio SudFormadia. En privé, je suis surtout quelqu’un qui n’aime pas trop être seul. J’ai besoin de voir du monde, faire des soirées entre amis. J’aime être un lien social, que ce soit hors antenne ou derrière un micro.

HOMME DE TÉLÉ OU HOMME DE RADIO ?

De radio, clairement ! J’étais très fier d’être le premier à expérimenter le « mariage » matinal entre France Bleu et France 3, mais je crois que ma plus grande fierté professionnelle c’est d’avoir ouvert France Bleu Toulouse, devenue depuis France Bleu Occitanie. 

Je fais de la radio depuis que je suis adolescent. J’ai ça dans le sang. C’est un média qui s’écoute avec le sentiment que tout est naturel et improvisé alors qu’en réalité il y a beaucoup de travail en amont. Le plus grand défi est de savoir se renouveler. La télé, c’est beaucoup de lumière, de maquillage et de codes un peu figés. Je rêverai de faire une émission de télé qui sort des plateaux, qui favorise le direct, avec un ton naturel. 

Il y a un phrasé à la télé qui est toujours le même de chaîne en chaîne. C’est pour ça aussi que j’aime regarder mes petits camarades de la radio dans la lucarne car ils sont bruts, pros et n’ont pas l’obsession de l’image. L’image de soi, c’est pas toujours facile à gérer, surtout quand on prend un peu de poids au fil des ans. (rires) 

Les gens me font des retours bienveillants quand je lâche un peu les chevaux et que j’oublie qu’à 8:45 nous sommes filmés. À contrario, je suis convaincu qu’un regard-caméra et la complicité d’un sourire, c’est toujours plus sympa à voir pour un téléspectateur qui deviendra peut-être un nouvel auditeur.

COMMENT RESTE-T-ON SI PROCHE DES AUDITEURS ? 

La part d’audience est essentielle pour moi. C’est bien joli d’écouter une radio quelques minutes dans une journée, mais c’est encore plus gratifiant de savoir que des auditeurs choisissent de vous écouter plus de 2 heures par jour. 

On a tous des techniques pour donner envie aux auditeurs de rester avec nous plus longtemps mais je trouve que France Bleu réussit un vrai pari avec ses 330 0000 auditeurs fidèles. Parler moins est peut-être le secret. Nous mettons de la musique et abordons des sujets variés et ancrés dans notre vie d’ici. Pour ma part j’essaye chaque jour de n’oublier personne d’un bout à l’autre de la région. Quand un sujet national nous préoccupe, je regarde comment on peut évoquer ce thème vu de Toulouse , d’Albi ou de Montauban. 

Parfois je constate aussi que les sujets qui ont l’air d’intéresser tous les médias, ne sont franchement pas la priorité numéro 1 des gersois, des cadurciens ou des ruthénois. On se trompe rarement quand on écoute les gens avec sincérité. J’ai lu un jour qu’on a 2 oreilles et 1 bouche. Cela prouve qu’on doit écouter 2 fois plus qu’on ne parle.

TU PRÉFÈRES RÉVEILLER LES AUDITEURS OU LES GUIDER VERS LA PAUSE DÉJEUNER ?

J’ai passé 15 ans à réveiller des auditeurs entre 6h et 9h. C’est un statut privilégié d’être le premier son d’une journée, d’être l’impulsion de ceux qui traînent la patte. On devient vite le frère, le gendre, l’ami. Être le « bison futé » sur la route ou la vitamine du petit dej, c’est une sacrée mission. Et la matinale c’est une sacrée émission. J’aime l’info, j’aime ce prime time. Et rien ne dit que je ne referai pas des mornings ici ou ailleurs. 

Toujours est-il que la matinée c’est top pour plusieurs raison. D’abord pour la vie perso, j’ai retrouvé un sommeil normal. Ensuite le format actuel est tel que tous les sujets me passionnent. À 9h je parle « culture ». À 9h30, notre magazine parle de la vie quotidienne. Dans côté saveurs à 10h, il est question de bonne bouffe et de produits régionaux en circuit court. Je prends énormément de plaisir à animer cette tranche et je crois que les auditeurs adhèrent à ce concept du circuit bleu. L’effet de bande avec les chroniqueurs et les nombreux invités me font penser que j’aime de plus en plus être le chef d’orchestre de cette tranche

DERRIÈRE UN PLAT SE CACHE BEAUCOUP D’AMOUR, DES ECHECS, DE LA PERSÉVÉRANCE ET DU PARTAGE !

ALBAN FORLOT

AUJOURD’HUI, TU CO-ANIMES CIRCUIT BLEU AVEC LAURE. EST-CE FACILE DE PARTAGER L’ANTENNE APRÈS DES ANNÉES DE MATINALE ?

C’est un bonheur ! Pour être honnête, je me connais, j’aime occuper l’espace, j’aime gérer le moindre détail de mes émissions. J’imagine que c’est parfois pesant de travailler avec un perfectionniste comme moi. Mais s’il y a bien une personne pour qui je peux lâcher prise, c’est Laure Basterreix. D’abord parce que j’ai une vraie admiration professionnelle pour elle. On se connaît depuis longtemps. La confiance est là, le dialogue aussi. C’est le bon compromis car durant une heure je suis en solo pour piloter l’émission dès 9h. Et à 10h, je lui laisse les commandes. Dans la ville d’Airbus, on sait bien que le succès est un travail d’équipe. Il y a beaucoup de respect et d’amitié entre Laure et moi. Pour le coup je sais qu’elle n’hésiterait pas à me remettre en place, là où d’autres ont peut-être abandonné. (Rire)

QUEL EST LE PROGRAMME DE CETTE TRANCHE ÉPICURIENNE ?

Dans «Côté Saveurs» est avant tout une manière de parler cuisine à la radio sans subir une recette interminable un peu passée de mode. Il y a des astuces, des actualités gourmandes à Toulouse et dans la région. Nous donnons la parole à des passionnés du monde de la food. Derrière un plat, un tablier ou une cuillère en bois, il y a souvent beaucoup d’amour, des échecs, de la persévérance et le partage. Aussi, quand nos chefs des saveurs se livrent dans la bonne humeur, on a les papilles en éveil c’est vrai, mais on a surtout le cœur qui s’emballe. On tombe amoureux tous les jours dans cette émission qui mijote nos vies. 

Laure Basterreix & Alban Forlot – Crédit photo: Alban Forlot

SI ALBAN FORLOT ÉTAIT LE FIL ROUGE DE L’ÉMISSION, QUI SERAIENT TES TROIS INVITÉS? 

Si j’étais l’invité fil rouge , je serai sûrement une série dans « côté culture » du type « Melrose Place » avec sa bande de potes. A 9:30, dans « côté expert » je serai peut-être un kiné. Oui il paraît que je fais de très bons massages. Dans « côté saveurs », je serais une feuille de salade uniquement en hommage à mon lapin prénommé Ribo. 

AMOUREUX DE LA VILLE ROSE, QUEL EST TON LIEU PRÉFÉRÉ ?

Mon lieu préféré est celui que je n’ai pas encore visité. Cela fait maintenant 11 ans que j’habite ici et je suis toujours surpris de découvrir une adresse. Toulouse est véritablement le décor d’une vie. J’ai trouvé l’amour place de la Bourse. J’ai des souvenirs complices aux 3 cocus. J’ai des images de piscine à Pech David. J’ai vibré pour le Stade au Capitole et supporté l’équipe de France à la Prairie des Filtres. J’ai emmené ma maman à la découverte de la violette sur le Canal du Midi. J’aime courir le long du canal de Brienne et découvrir des expos photo au Mirail. Je croise des dizaines d’amis entre Saint-Aubin et Wilson. J’ai travaillé dans 14 villes et à part Nancy et Reims qui m’ont gardé quelques années, Toulouse est celle où j’ai vécu les plus incroyables histoires. Je n’ai pas l’intention de la quitter, pour le moment. C’est la plus belle ville de mon parcours !

AS-TU D’AUTRES PROJETS EN DEHORS DE LA RADIO ?

J’ai envie de voyager, découvrir le monde. Je ne désespère pas de trouver l’âme sœur. Et après cette pandémie, j’ai envie de me concentrer sur mes proches. Il n’y a pas que la radio en effet dans la vie, j’ai mis des années à l’entendre. Une passion n’est saine que lorsqu’elle n’est pas dévorante. Néanmoins j’ai envie d’aller plus loin dans la proximité. Pourquoi pas faire des émissions en direct auprès des plus nécessiteux et faire jouer nos ondes pour leur trouver des solutions. 

ES-TU HEUREUX ET ÉPANOUÏ AUJOURD’HUI ?

Oui. Je vous réponds face au soleil sur les marches de la place Saint-Pierre. Là, j’ai envie de vous répondre oui. Ce petit bonheur me rend heureux. J’ai gommé les tristesses du passé, je ne sais pas si je serais heureux demain. Carpe Diem.

Circuit Bleu sur France Bleu Occitanie du lundi au vendredi de 9h à 11h et en replay sur francebleu.fr